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Villes en transition vers l’économie circulaire

La revue de prospective Futuribles a récemment publié une série d’articles et d’études approfondies sur les enjeux de la transition écologique et de l’économie circulaire en particulier. Le numéro 403 de novembre 2014 revient par exemple en détail sur les modes de consommation émergents ou encore sur le développement d’un modèle de « croissance quasi-circulaire » dans un monde aux ressources limitées.

Dans une note de veille publiée en février, Remy Le Moigne revient quant à lui sur les différentes stratégies mises en œuvre par les collectivités territoriales pour engager leur transition vers une économie circulaire.

Face aux flux de ressources le plus souvent peu ou pas exploités qui traversent les territoires – équipement, matériaux, matières organiques, eau, chaleur, énergie – certaines collectivités répondent par des stratégies distinctes : ville zéro déchet ; ville du partage ; symbiose industrielle ; ou encore ville régénérative.

La stratégie « zéro déchet » consiste à la fois à réduire la production de déchets et à structurer les filières de collecte et de recyclage pour éviter d’une part l’incinération et d’autre part la mise en décharge. Il s’agit en premier lieu d’inciter les usagers à mieux trier. Ainsi les biodéchets peuvent être collectés en porte-à-porte (Milan), ou finir dans des composteurs installés au pied des immeubles (Chambéry Métropole). Pour les autres types de déchets, les municipalités organisent des filières de collecte et recyclage avec des gestionnaires de déchets. Quant à la réduction à la source, les collectivités peuvent par exemple « interdire la vente de sacs jetables ou mettre en place une tarification incitative » précise Rémy Le Moigne.

Licence CC Credit Flickr user: Slimmer Jimmer
Licence CC Credit Flickr user: Slimmer Jimmer

D’autres villes créent les conditions d’une économie du partage des ressources : Velib, Autolib à Paris ou à Lyon ou encore salles de réunion, vêtements, outils à Séoul, ville estampillée « sharing city ». Les recycleries, où les biens d’équipement sont réparés et revendus à moindre coût, fleurissent par exemple en France un peu partout.

Les symbioses industrielles constituent une autre stratégie pour réduire le volume de déchets de production, puisque dans un tel système les déchets des uns deviennent les ressources des autres. Kalundborg (Danemark) en est le plus célèbre exemple, mai il en existe d’autres. A Dunkerque par exemple la centrale GDF-Suez produit de l’électricité avec les gaz sidérurgiques d’Arcelor-Mittal.

Enfin, les villes régénératives restaurent du capital naturel :  « La ville d’Amsterdam a passé un accord avec l’ensemble des intervenants dans la chaîne de traitement du phosphore (agriculteurs, fabricants d’engrais, sociétés de traitement des eaux, centres de recherche…) pour recycler puis réutiliser ou exporter le phosphore issu des boues de stations d’épuration » explique Rémy Le Moigne.

Ces stratégies ne sont pas incompatibles et peuvent se décliner de différentes façons selon que l’on souhaite privilégier l’environnement ou l’emploi. Et quelle que soit la stratégie retenue, Rémy Le Moigne précise : « Les villes devront fédérer autour d’elles l’ensemble des parties prenantes pour les mettre en œuvre. »

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The Author

Lena Gravis

Lena Gravis

Lena manages international content at the Ellen MacArthur Foundation. She writes for Circulate about French news and is responsible for the international section.
You can email Lena at lena[at]ellenmacarthurfoundation.org

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